Le harcèlement psychologique au travail : Pourquoi et comment ?

23 mars 2015 par

Vivre de la violence psychologique au travail peut grandement affecter votre qualité de vie et votre santé globale. Vous traînez ses effets pervers avec vous en rentrant chez vous, même dans votre sommeil si vous en faites des cauchemars, et durant vos vacances ou celles de votre agresseur, quand la peur du retour de la violence et le ressentiment vous empêchent de récupérer, comme si ce temps d’arrêt était celui d’un mirage d’oasis dans lequel bien plongé vous avez quand-même soif.

Parfois sans même vous en rendre compte, vos conversations en dehors du travail ne parlent que de cela, et malgré toute l’empathie que votre entourage a pour vous, il pourrait arriver à l’occasion qu’on trouve votre discours pénible à suivre ou un peu redondant. Les moins proches se permettent même des remarques blessantes. Certains vous feront la morale en vous accusant d’être en train de vous  »victimiser », et pour ne pas s’en mêler ou par dédain, d’autres vous auront peut-être même étiquetée comme personne à problèmes.

Si vous souffrez de vos conditions au travail, c’est peut-être parce qu’on vous a fait mal au travail et que ce type d’injustices organisées est une honte. Si vous souffrez des conséquences de vos conditions de travail, c’est peut-être parce que vous êtes la cible de comportements inadaptés et incompatibles avec un milieu de travail qui se respecte.

Nul n’est à l’abri de certains heurts même s’il s’est décidé à ne pas céder. La violence psychologique est sournoise, et si le ou les harceleurs au travail ne sont pas stoppés, ils vont continuer vers leur but ultime, celui de vous faire tomber pour finir par tomber à leur tour.

Les formes que prend la violence psychologique au travail

La violence verbale au travail fait partie du lot, les dérapages qui perdurent malgré les protestations de la personne ou des personnes attaquées sont très nuisibles. La violence verbale peut aussi escalader et mener à la violence physique.

L’impolitesse peut sembler inoffensive quant à ses conséquences dans un milieu de travail, mais elle a bien sa portée et elle est plutôt néfaste. Elle a par exemple le potentiel de baisser le moral, ou de provoquer une baisse de cohésion de groupe ou de motivation, d’instiguer de mauvais sentiments ou de faire se sentir coupable et triste.

Le harcèlement sexuel au travail sous toutes ses formes est une violence. Les attouchements qui sont des attaques à l’intégrité physique et psychologique de la personne s’associent souvent à d’autres comportements. Les remarques sexistes ou discriminatoires sont des outre-passements aussi bien que les compliments déguisés et les propositions réitérées malgré un refus exprimé.

Le harcèlement psychologique au travail est un fléau au sein de l’organisation, l’existence et le maintien de ce type de violence psychologique dépendent de certains facteurs et servent certaines visées. Ses mécanismes invisibles ont fait l’objet de nombreuses recherches et les sociologues du travail en disent long en la matière.

La prédisposition à l’agression de la victime: Une fabulation

Avez-vous déjà entendu parler de cette explication qui met la victime au centre de l’agression, lui attribuant la responsabilité de ce qui se sera passé? « Si tu es harcelé au travail, c’est ta faute. C’est ta mauvaise énergie qui en est la cause, tu attires les harceleurs ». Si vous avez osé être victime de harcèlement psychologique au travail, on pourra même vous proposer une thérapie spéciale pour vous libérer de votre propre joug au lieu d’adresser le problème de façon sérieuse, cela en dira long sur les méthodes de gestion de cette même organisation.

Selon Andrea Soares, sociologue du travail et professeur au Département d’Organisation et ressources humaines de l’École des Sciences de la Gestion à l’Université du Québec à Montréal, aucune recherche scientifique ne démontre qu’il y a des traits de personnalité qui favorisent une ouverture ou une attitude d’appel au harcèlement psychologique au travail.

Évidemment, nous savons par exemple que les prédateurs sexuels iront vers des personnes qui semblent vulnérables ou qui se trouvent dans des situations où elles sont à risque, afin de commettre leur crime sans risquer de se faire remarquer, mais quand nous parlons de violence psychologique au travail, nous parlons d’un contexte avec une dynamique organisationnelle et des actes répétés. Soit un contexte qui favorise ou permet l’existence, dans la durée, de ce type de comportements qui ne passent pas inaperçus.

Quand nous parlons de mécanismes invisibles, nous parlons d’une structure et de personnes qui tirent les ficelles. Selon Soares, la victime de harcèlement psychologique est souvent une personne avec une grande centralité du travail. C’est une personne qui travaille bien et qui dérange les autres qui se sentent menacés par ses compétences.

Et bien que les responsables du harcèlement puissent se sentir en sécurité, ils ne sont nullement à l’abri d’un retournement de situation et d’un traitement à leur propre recette administré par quelqu’un d’autre puisque l’organisation même permet cette dynamique dans son milieu.

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Inégalités et Discriminations, Stress Travail et Santé

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