Art de la déconnexion : comment font-elles pour le cultiver ?

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C’est un fait : le digital a tellement envahi nos vies, professionnelle et personnelle, qu’il est difficile de faire la part des choses. Pourtant, certaines personnes y arrivent…

Le digital, sans que vous vous en rendiez vraiment compte, vous suit et grignote toute votre intimité, conduisant – dans certains cas – au burn-out. Au point qu’une nouvelle loi sur le droit à la déconnexion est entrée en vigueur depuis le 1er janvier 2017, incitant les entreprises (de plus de 50 salariés) à trouver des solutions pour que leurs collaborateurs déconnectent de leur smartphone après le travail. Mais qu’en est-il dans les faits ? Témoignages.

La technique Pomodoro

Christie Vanbremeersch, coach en créativité et auteure du livre Aujourd’hui, je choisis la joie (Éditions Rue Fromentin), ne le cache pas : son téléphone portable, c’est son doudou. Dès le réveil, elle se jette sur ses mails et sur Instagram, sans parler de Facebook, le réseau social pour lequel elle ne compte pas son temps. «Il y a plein de choses intéressantes à découvrir. Ce qui nourrit aussi mon travail», souligne-t-elle. Elle en est tellement accro qu’elle est obligée de se frustrer. «Sinon, je vois bien que ma concentration se morcelle. Avoir ainsi mon attention accaparée me rend moins disponible pour mes enfants et mon mari», regrette-t-elle. Elle s’est instaurée alors des rituels : placer son smartphone dans une autre pièce lorsqu’elle travaille. «Ce qui m’oblige à me lever et me demande un effort. Cela me freine davantage que lorsque je l’ai sous la main où je peux le consulter à tout moment», constate-t-elle.
Elle utilise également la méthode Pomodoro (tomate en italien), une technique éprouvée pour une meilleure gestion de son temps. Christie Vanbremeersch divise son planning par tranches de trente minutes pour s’atteler à une tâche. «Je mets un minuteur. Quand la sonnerie retentit, je m’accorde cinq à six minutes de pause pour flâner sur les réseaux sociaux», raconte-t-elle. Pour les repas en famille, chacun dépose son téléphone portable dans une corbeille. Pour se remettre d’aplomb, la coach s’oblige à une cure de déconnexion d’une semaine complète une à trois fois par an : plus de réseaux sociaux et de consultation de mails pendant cette période. «Une démarche volontaire qui me met parfois en colère. C’est à ce moment-là que je mesure à quel point je suis dépendante du digital», affirme-t-elle.

La suppression de son compte Facebook

Martine Paulais a créé Alice et les mots pour animer ses ateliers d’écriture. En juin dernier, elle a coupé le clapet de Facebook en supprimant tout simplement son compte. «Je me laissais emporter par les posts des uns et des autres, aussi intéressants soient-ils, mais qui n’avaient aucun lien avec mon métier. J’y perdais au moins trois-quarts d’heure par jour, temps que j’aurais pu passer à faire autre chose de plus efficace», témoigne-t-elle. Quand elle se met à travailler, elle éteint sa connexion Internet. «C’est pour empêcher les tentations. S’il m’arrive de surfer de site en site alors que je recherche une information précise, je reviens à mon objectif de départ. Tout ce qui m’intéresse, je le note sur un papier et j’y reviendrai plus tard», glisse-t-elle. Concernant les mails, elle laisse passer quelques heures avant de répondre. La soirée, après 20 heures, elle se consacre à son compagnon. Un moment sacré pour tous les deux durant lequel le digital n’a plus du tout sa place.

Une question de priorité

Pas de secret : pour Laura Lemeur, 40 ans, responsable qualité chez Décathlon pour la marque Tribord, il s’agit de faire la part des choses. «Tout est une question de priorités», lâche-t-elle. Une fois rentrée chez elle, la jeune cadre oublie le travail et se consacre entièrement à ses trois enfants. Il est donc hors de question de répondre à ses mails le soir et le week-end. «J’estime que lorsqu’on est partout, tout le temps, on est nulle part. Pour ma part, je ne peux pas tout faire», poursuit-elle. Si Laura Lemeur a choisi le Pays basque comme port d’attache, c’est justement pour la qualité de vie qu’elle y trouve. Elle ne compte pas y déroger et laisser son smartphone envahir sa sphère intime. «Je sépare bien ma vie pro et ma vie perso en ayant deux téléphones. À la maison, j’éteins toujours le professionnel», dit-elle. Sa chance ? Elle n’est pas férue de réseaux sociaux et observe d’un œil lointain tout ce qui s’y passe. «La vraie vie se passe ici et maintenant, avec mes proches et non dans le virtuel», assure-t-elle. Quant aux urgences, elle arrive toujours à les gérer… mais au bureau.

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