Ouverture du procès de la catastrophe de la mine de Soma en Turquie

Crimes Industriels, Dans le Monde

La justice turque ouvre lundi 13 avril le dossier de la catastrophe industrielle la plus meurtrière de l’histoire du pays, qui a coûté la vie à 301 mineurs il y a un an et terni l’image du régime islamo-conservateur du président Recep Tayyip Erdogan.

Quarante-cinq personnes sont poursuivies dans ce procès, dont les huit plus hauts cadres de la société exploitante de la mine pour avoir délibérément négligé la sécurité de leurs ouvriers au nom d’une course effrénée à la rentabilité. En conclusion de son enquête, le procureur a requis contre ces huit responsables, exceptionnellement inculpés de « meurtres », des peines d’une extrême sévérité allant jusqu’à vingt-cinq ans de prison pour chacune des victimes de l’accident.
Selon l’agence de presse DHA, ces accusés ne seront pas présents à la barre mais témoigneront pour des raisons de sécurité par vidéoconférence depuis la prison d’Izmir où ils sont détenus. Les débats doivent débuter lundi matin dans la ville d’Akhisar, à une quarantaine de kilomètres des lieux du drame.
Policiers antiémeute
Des centaines de policiers antiémeute y ont été dépêchés en renfort afin d’assurer la sécurité du centre culturel transformé en tribunal, alors que plusieurs syndicats ont appelé à des rassemblements de solidarité avec les familles des victimes.
Un an après la fronde antigouvernementale de juin 2013, l’accident de Soma avait réveillé la contestation contre le premier ministre Erdogan, aujourd’hui chef de l’Etat, accusé d’avoir négligé l’ampleur du drame et couvert les fautes des dirigeants de l’entreprise exploitante, présentés comme proches du pouvoir.

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