Alors que le gouvernement et les représentants des employeurs fustigent l’absentéisme des salariés, leur culpabilisation contribue aux retards de prise en charge et allonge in fine les arrêts tout en ignorant la principale cause de leur augmentation : la dégradation des conditions de travail.
« Tous les salariés qui sont en arrêt maladie que je rencontre éprouvent le besoin de se justifier. Beaucoup disent « le médecin m’a arrêté. » Je ne voulais pas », raconte Daphnée Breton, psychologue du travail. « Ils ressentent une forte culpabilité par rapport au collectif, ils et elles s’en veulent d’augmenter encore la charge de travail de leurs collègues alors qu’elle est déjà trop grande », poursuit-elle.
Les discours récurrents du gouvernement dénonçant l’augmentation des arrêts maladie impactent aussi les travailleurs. Cette rhétorique de la culpabilisation des « abus » est malheureusement intégrée par nombre d’entre eux.
Ainsi, dans le 15e baromètre « État de santé psychologique des salariés français » publié par le cabinet Empreinte humaine fin novembre 2025, 48 % des salariés estiment qu’il y a entre 1 et 5 abus sur 10 arrêts pour motif psychologique. Ce discours de soupçon nuit fortement à celles et ceux qui sont en souffrance.
« La souffrance au travail augmente pour tous les types de métier »
Parmi les 14 % de salariés ayant eu un arrêt psychologique ces deux dernières années, 59 % ont ressenti de la honte, 55 % ont perçu de la suspicion. Ces préjugés empêchent de parler librement des situations de détresse dans l’entreprise.
L’augmentation des arrêts maladie traduit surtout la très forte dégradation des conditions de travail dans les entreprises comme dans les services publics. « La souffrance au travail augmente pour tous les types de métier, toutes les classes d’âge », observe Nathalie Arnould, médecin du travail.
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