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Les lois qui réglementent notre quotidien, tous nos faits et gestes qui sont surveillés. Certains choisissent d’occulter cette réalité. Ils se laissent berner par les illusions consenties. D’autres interrogent cette réalité et tentent de s’y opposer. Mais est-il possible, étant donné qu’elle est quasi-omnisciente, de s’en libérer ?

Un article d’Umar Timol, artiste mauricien, sur le blog Médiapart

Les lois qui réglementent notre quotidien, tous nos faits et gestes qui sont surveillés, la répression de l’État, la domination économique, l’utilisation de divers instruments pour dompter l’être.

Certains choisissent d’occulter cette réalité. Ils se laissent berner par les illusions consenties. D’autres, qui ont une conscience politique, interrogent cette réalité et tentent de s’y opposer.

Mais est-il possible, étant donné qu’elle est quasi-omnisciente, de s’en libérer ? Est-ce que le caractère totalitaire du pouvoir dans le monde contemporain rend les virtualités de la libération impossibles ? Sommes-nous condamnés à subir ce lent écrabouillement de nos âmes, réduites à un esclavage qui ne dit pas son nom ?

Car l’autre visage de l’oppression, c’est son invisibilité. Les dominants ont cherché de tout temps à inscrire, par divers moyens, la domination dans les corps subjugués. Mais ce qui caractérise la domination contemporaine, c’est sa nature fantomatique. Il n’est plus nécessaire d’emprisonner l’autre car on parvient, de façon subtile, à le contrôler.

On sait s’insinuer dans le cœur des êtres, deviner leurs faiblesses et leurs appétits, disséquer les mécanismes psychiques pour les domestiquer. On n’ordonne pas à l’être de faire telle ou telle chose, on s’approprie son psyché, on le stimule, on le manipule pour parvenir à nos fins. Le véritable tour de passe-passe est de lui faire croire qu’il est libre ou qu’il est en quête de liberté. Mais cette liberté est une fiction, une construction, un moyen perverti de le dominer.

On peut détruire une prison physique, mais peut-on détruire une prison psychique ?

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