Comment en finir avec le présentéisme au travail ?

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Présentéisme au travail : définition, coût et conseils

« 18h, t’as pris ton aprem’ ? »
« Tu peux relire la présentation avant de partir ? »
« Tu restes pour le pot de départ de Lou j’espère ? »
« Allez, on est charrette un ou deux soirs et on y est »

Qui n’a jamais entendu son collègue d’open-space bredouiller une réplique de cet ordre au moment de boucler la journée après 7 ou 8h de bons et loyaux services ? Et même sans les collègues, il y aussi l’auto-culpabilisation. Ces réactions mi-moralisatrices mi-ironisantes en disent long sur le rapport à la productivité et mettent en lumière un mal très français : le présentéisme.

Le présentéisme, qu’est-ce que c’est ?

Des définitions du présentéisme

Cette notion, théorisée aux États-Unis, s’est définie en creux et par opposition à l’absentéisme pour caractériser une situation où un salarié est physiquement présent sur son lieu de travail alors que son état physique, mental ou sa motivation ne lui permettent pas d’être pleinement productif.

Cette maladie du travail insidieuse et difficile à décrypter revêt plusieurs visages. On identifie plusieurs formes de présentéisme :

  • Le présentéisme contemplatif (ou absentéisme moral) qui consiste à être présent au travail mais à ne pas travailler concrètement. Il peut être symptomatique d’une souffrance ou d’une démotivation.
  • Le présentéisme stratégique qui consiste à faire des journées à rallonge à dessein de montrer qu’on est là, d’être vu.
  • Le surprésentéisme qui consiste à continuer à travailler, voire à faire des heures supplémentaires alors qu’on est fatigué ou malade. Il s’apparente à un surengagement chronique motivé par diverses raisons : perfectionnisme, culture d’entreprise, charge de travail excessive…

Océane Marchand, psychologue du travail, s’est beaucoup intéressée au présentéisme et insiste sur sa dimension intangible : « C’est un comportement alternatif à l’absentéisme. Contrairement à ce que l’on croit, le présentéisme est indéniablement plus fréquent que l’absentéisme. Lorsqu’on s’absente de son lieu de travail, c’est visible. Mais le présentéisme est invisible, ce qui le rend moins considéré.»

Les abîmes du présentéisme

Ne pas prendre ses congés, travailler tard le soir et les week-ends … Le présentéisme pourrait presque passer pour une opportunité pour l’entreprise (des heures supp’ réalisées sans être payées) et se décline de bien des façons.

Pourtant, il représente un coût important pour l’entreprise comme pour le salarié. S’il s’apparente à un surinvestissement dans le travail, il ne rime pas pour autant avec productivité. Il recouvre des coûts cachés similaires à ceux de l’absentéisme et va souvent de pair avec une perte de productivité des collaborateurs, une baisse de la quantité ou de la qualité du travail produit, une ambiance de travail délétère, une dégradation du climat social, des coûts d’image importants (insatisfaction du client, dégradation de la marque employeur).

Il peut aussi s’avérer néfaste pour la santé du collaborateur en favorisant l’apparition de certaines pathologies voire, dans le pire des cas, fatal. Les japonais emploient le terme de « karoshi » ou mort par surtravail pour désigner la mort subite de cadres ou d’employés de bureau par arrêt cardiaque faisant suite à une charge de travail ou un stress trop important. Thierry Rousseau, chargé de mission pour l’Agence Nationale pour l’amélioration des conditions de travail, reporte que « le présentéisme favoriserait l’apparition de pathologies qui affectent sensiblement les salariés : aggravation des maladies, retard dans les processus de soins, voire décompensation brutale et burn-out. »

La suite sur le site Welcome to the Jungle

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