Picardie – Max de Roquefeuil : «Un bon manager doit aimer son équipe»

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À l’heure de la souffrance au travail, ce spécialiste du management, directeur de Promeo en Picardie, conseille la bienveillance aux dirigeants comme clé de la réussite de l’entreprise.

Max de Roquefeuil vient de publier aux éditions Mareuil « Félix le Manager ». Sous une forme romancée, ce livre est en réalité un plaidoyer pour un retour au bon sens (et de l’affectif) dans la gestion des hommes au cœur de l’entreprise. L’auteur est directeur général de Promeo (organisme pour la formation des jeunes en alternance, la formation continue des salariés, et des dirigeants d’entreprise) en Picardie.
Autrefois, les ouvriers se sentaient les plus vulnérables dans l’entreprise. Aujourd’hui, ce sont toutes les catégories qui se sentent menacées. Comment expliquez-vous ce mal-être au travail ?
Pour moi, ces problématiques sont souvent liées au management, et à un manque de culture de l’enthousiasme dans l’entreprise. Au lieu de traiter de la souffrance au travail, je préfère traiter du bien-être au travail. Les managers n’investissent pas suffisamment de temps et d’attention à leur enthousiasme, et à l’enthousiasme de leurs collaborateurs. Ça commence par des petits signes d’attention, d’affection, des moments privilégiés, comme à la pause-café, ne pas toujours être à 5 minutes près, souhaiter un anniversaire. C’est beaucoup de bons sens.
Est-ce à dire que vous prônez un retour à l’entreprise plus familiale, plus bienveillante ?
Le management affectif, je n’ai pas peur du terme, a tendance à disparaître. Je prône en effet un retour au management avec beaucoup plus d’humanisme et d’affectif. Un manager est un chef d’équipe, comme un capitaine au rugby. Vous ne pouvez pas être bon, si vous n’aimez pas l’équipe.
Mais pourquoi faut-il en arriver à faire un livre pour rappeler ces évidences ? Les managers sont-ils à ce point déboussolés ?
On a peut-être trop externalisé le temps du management vers les clients et vers le résultat. L’entreprise, le patron et le top management sont sous pression. À partir de là, sans le vouloir, leurs priorités dévient sur l’externe, l’économique, le commercial, le résultat. Et pas assez sur le management quotidien des collaborateurs, qui sont la première richesse de l’entreprise, et la première condition pour la développer.
Les moyens de communication modernes n’ont-ils pas aussi changé quelque chose dans le quotidien du travail ?
C’est en effet l’un des éléments qui a augmenté cet éloignement entre les managers et leurs équipes. Les mails sont sans doute trop utilisés, ou mal utilisés. Ce sont des plus-values fabuleuses en termes de temps et d’efficacité. Mais il faut savoir garder une proximité. Aujourd’hui le manager se réfugie dans le mail, mais dans le mail on ne peut pas s’adapter à chaque collaborateur, on ne peut pas donner les explications qui conviennent. Il y a une distance qui s’est instaurée et qui est néfaste.

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