Qualité de vie au travail : l’entreprise n’est pas seule responsable

Emploi et Chômage, Stress Travail et Santé

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Quelques jours avant la semaine pour la qualité de vie au travail orchestrée du 13 au 17 juin dans toute la France par l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact), le cabinet spécialisé dans la prévention et la gestion des risques psychosociaux Psya a organisé, jeudi 26 mai, Psycho 2016, un colloque sur le sujet réunissant spécialistes et professionnels des ressources humaines. Objectif : comment passer de la réflexion à la mise en œuvre opérationnelle.

Différents experts et professionnels se sont relayés pour apporter des éléments de réflexion stratégique et des outils pour déployer de façon opérationnelle une politique de qualité de vie au travail.
« Intuitivement, tout le monde perçoit ce qu’est la qualité de vie au travail (QVT), mais pas forcément de façon concrète et structurée », remarque Bénédicte Ravache, secrétaire nationale de l’Association nationale des DRH (Andrh).
Une comparaison intéressante a été faite entre la France et le Canada, souvent citée en exemple. « Au Canada, la qualité de vie au travail a été abordée par l’angle des habitudes de vie (santé, sommeil, alimentation), un sujet qui fait consensus. Les entreprises se sont fait le relais des messages de santé publique. C’est une manière d’entrer en action dans le champ du bien-être et de la qualité de vie au travail », a analysé Valérie Combette-Javault, responsable audit-conseil au sein de Psya.

L’exemple canadien
Le Canada a mis au point en 2009 une norme « Entreprise en santé » qui cible les interventions des entreprises dans quatre sphères reconnues pour leur impact sur la santé du personnel : les habitudes de vie, les pratiques de conciliation travail/vie personnelle, les pratiques de gestion et l’environnement du travail.
Une quarantaine d’entreprises de toutes tailles ont déjà reçu leur certification. « Nous avons remarqué que les entreprises utilisent souvent la sphère des habitudes de vie comme porte d’entrée pour implanter une structure de santé et mieux être au travail », a témoigné Jeane Day, directrice générale du groupe Entreprises en santé, une association canadienne réunissant 220 employeurs et qui a participé à la rédaction de la norme. « Toutefois, les organisations ne doivent pas perdre de vue les trois autres sphères qui sont tout aussi importantes. Nous les incitons notamment à multiplier les actions au niveau des pratiques de gestion qui leur permet d’ajuster leur culture d’entreprise afin de placer l’humain au cœur des décisions organisationnelles » .
Par ailleurs, le Canada dispose d’un réseau national de 2 500 délégués sociaux, formés à reconnaître les signes du mal-être, à l’écoute, aux addictions et qui travaillent en réseau.
La France se situe dans une dynamique assez différente. « Sous l’impulsion du cadre législatif et réglementaire, les entreprises sont passées de la lutte contre la souffrance et le mal-être (harcèlement, prévention des risques physiques puis psychosociaux, obligation de négociation sur le stress) à une vision plus globale de prise en compte de la qualité de vie au travail, sous l’impulsion de l’Accord national interprofessionnel (ANI) de 2013. Sont questionnées à la fois les conditions de travail, les conditions de l’emploi et la capacité d’expression des collaborateurs de celles-ci », résume Valérie Combette-Javault.

Un niveau de maturation très variable
Cependant, les contours de la qualité de vie au travail ne sont pas encore stabilisées ni unanimes, tant pour les directions des ressources humaines que les directions générales et les partenaires sociaux. Par ailleurs, la culture et le niveau de maturation des entreprises par rapport à ces sujets sont très variables.
Pour aborder concrètement le sujet de la QVT, deux politiques sont possibles.
La première, plutôt minimaliste et légaliste, consiste à réagir face à une situation à risque psychosocial, à travers la mise en place d’actions correctives (par exemple une cellule d’écoute psychologique ou un département santé prévention, comme c’est le cas au sein du Conseil régional Auvergne Rhône-Alpes qui est venu témoigner de leur démarche et du fonctionnement des préventeurs). Jean-Paul Vouillier, secrétaire du CE et délégué syndical national CFTC chez Hewlett-Packard Enterprise, a créé une cellule d’écoute active au sein de son syndicat et a suivi une formation au Canada.
« Comme l’a écrit récemment Marie Pezé, spécialiste de la souffrance au travail, « la solution est souvent dans les 10 mètres autour du poste du salarié, dans ses collègues, dans son quotidien ». On a beaucoup écrit sur le stress, on a publié beaucoup d’études sur le sujet. En revanche, la plus grande ressource reste inutilisée : les collègues de travail, regrette-t-il. Il existe des sauveteurs-secouristes du travail. Mais en cas de détresse morale, vers qui se tourner et qui est formé à cela ? »

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