Transparency International et le député Yann Galut ont présenté, jeudi 3 décembre, à l’Assemblée nationale la première proposition de loi globale relative à la protection des lanceurs d’alerte. Selon une enquête publiée la veille par le cabinet Technologia, 36% des salariés témoins de fraudes ou de malversations dans leur entreprise craignent des représailles s’ils parlent.
Il avait choisi le secteur public pour ne pas avoir à renier ses valeurs. Loïc Richard, un ancien diplômé de l’Edhec âgé de 44 ans, n’a pas été déçu du voyage ! « Après avoir passé sept ans à la SNCF, j’ai pris la tête, en décembre 2008, de la filiale Geodis BM Alsace, rattachée à la branche transports du groupe », raconte-t-il. « En me plongeant dans la comptabilité, j’ai alors mis au jour un système très ancien de factures fictives destiné à minorer les bénéfices de la société et ainsi, entre autres, à payer moins d’impôts. » Il alerte à plusieurs reprises son N+1, directeur régional. Sans suite. Demande alors un entretien à son N+2, qui siège au comité exécutif (Comex). Son aplomb finit de l’écœurer. « Il n’a même pas cherché à nier », s’étonne encore Loïc Richard. « Il m’a simplement indiqué que ces pratiques étaient d’ordinaire acceptées par les cadres, qui étaient les premiers à en profiter. Et que si cela me posait problème, il faudrait envisager mon départ. »
Une semaine plus tard, le directeur d’agence reçoit une lettre de licenciement avec une mesure conservatoire l’interdisant d’accéder à son bureau. « Geodis a invoqué l’insuffisance professionnelle », explique-t-il. Loïc Richard tente de riposter. Il écrit à la direction de l’éthique de la SNCF, à la direction générale, aux administrateurs de l’Etat. Rien n’y fait. Sur le carreau, il entame une procédure aux Prud’hommes et se reconvertit dans le secteur associatif. « Il était impossible pour moi de retrouver du travail dans le transport avec une étiquette d’incompétent et de traître », assure-t-il, désappointé.
Loïc Richard n’est pas un cas isolé. Selon une étude publiée mercredi 2 décembre par le cabinet de prévention des risques professionnels Technologia, 36 % des salariés français ont déjà été confrontés à des pratiques contraires à la loi, au Code du Travail ou aux règles de leur profession. Dans près de la moitié des cas, il s’agit d’atteintes à la sécurité et à la réglementation.
Suivent les dissimulations, mensonges et faux rapports (37%), les discriminations (24%), les défauts de qualité réglementaires des produits fabriqués ou vendus (18%) et les vols, dégradations et sabotages (14%). « Face à la forte pression économique, à la complexité de la réglementation, à la dictature de la performance et du résultat, les entreprises ont de moins en moins de scrupules à faire des pas de côté », constate Jean-Claude Delgènes, fondateur et directeur général de Technologia. Des irrégularités qui génèrent des conflits éthiques chez 53% des salariés.
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