Entre 2016 et 2024, les contraintes physiques évoluent peu et concernent encore quatre salariés sur dix. A contrario, pour la première fois depuis qu’elle est mesurée – à partir des années 1980 –, l’intensité du travail diminue.
De plus, les salariés font globalement état de meilleures relations de travail, de plus faibles exigences émotionnelles et d’un sentiment accru de pouvoir réaliser un travail de qualité. Pour autant, ces améliorations ne profitent guère aux employés peu qualifiés, pour lesquels le travail s’intensifie, l’autonomie régresse et les comportements hostiles sont en hausse. Alors que les expositions aux risques psychosociaux et physiques reculent en moyenne, davantage de salariés déclarent ne pas se sentir capables de faire le même travail jusqu’à la retraite.
L’édition 2024-2025 de l’enquête Conditions de travail, à coloration « risques psychosociaux », actualise les résultats de 2016 et mesure les évolutions survenues depuis, dans un monde du travail en constante mutation (encadré 1). Certains changements organisationnels, comme le développement du télétravail, ont pris de l’ampleur depuis la crise sanitaire liée au covid-19. Par ailleurs, la prise en compte des enjeux de santé mentale au travail et des attentes des salariés vis-à-vis du travail peut faire évoluer leur regard sur leur situation professionnelle. Comment évoluent les conditions de travail depuis 2016, et plus particulièrement l’exposition aux facteurs de risques psychosociaux tels que l’intensité du travail, le manque d’autonomie ou les rapports sociaux dégradés ? Qu’en est-il du sentiment de faire un travail utile et de pouvoir le faire correctement ?
Des contraintes physiques bien présentes et stables, mais en hausse pour les employés
En 2024, quatre salariés sur dix sont exposés à au moins trois contraintes physiques (parmi six, tableau 1). Ces expositions sont globalement quasi stables par rapport à 2016, prolongeant la tendance à l’oeuvre depuis le début des années 2000, après une période de forte hausse dans les années 1980 et 1990 [1]. 74 % des ouvriers peu qualifiés sont concernés, contre 8 % des cadres, niveaux quasi stables depuis 2016. En revanche, la situation des professions intermédiaires (33 %, +2 points depuis 2016) et, surtout, des employés qualifiés (35 %, +4 points) ou peu qualifiés (61 %, +7 points) se dégrade entre 2016 et 2024. Ces différences d’évolution entre catégories socioprofessionnelles se retrouvent au niveau de plusieurs contraintes physiques et nuisances (tableau A dans l’Excel en téléchargement).
La relative stabilité des expositions pour l’ensemble des salariés résulte de la combinaison de deux effets contraires : d’une part, la hausse des expositions pour certaines catégories socioprofessionnelles, d’autre part, l’évolution de la structure des salariés, dans la mesure où la part de cadres, très peu exposés, augmente nettement sur la période (de 18 % à 24 %), au détriment de catégories qui le sont nettement plus, en particulier les employés peu qualifiés (graphique A en téléchargement).
Les hommes, plus souvent ouvriers, déclarent davantage de contraintes physiques que les femmes. L’écart se réduit cependant entre 2016 et 2024, passant de 10 à 8 points.
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L’intégralité du rapport est consultable et téléchargeable gratuitement sur le site de la DARES (Direction de l’Animation de la recherche, des Études et des Statistiques / Ministère du travail) :
- Une baisse inédite de l’intensité du travail
- Des contraintes horaires un peu moins fortes
- Baisse des exigences émotionnelles liées au contact avec le public
- Une évolution de l’autonomie contrastée
- Une amélioration des rapports sociaux, mais davantage de comportements hostiles
- Le sentiment d’utilité et la fierté du travail bien fait en hausse
- Moins de craintes pour l’emploi à court terme, mais des perspectives à long terme dégradées
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