Entretien avec Jonathan Loyarte, ingénieur conseil en qualité de vie et conditions de travail pour la ville de Marseille et président de l’Observatoire national des risques psychosociaux dans la fonction publique – Catherine Abou El Khair / 12 mars 2026 pour le magazine Santé & Travail.
A quelques jours du premier tour des élections municipales, le président de l’Observatoire national des risques psychosociaux dans la fonction publique, Jonathan Loyarte, alerte sur la santé mentale dégradée des agents des communes. En cause, le manque de moyens pour la prévention.
42 % des agents territoriaux se sentent épuisés régulièrement par leur travail, selon un récent baromètrede la mutuelle nationale des fonctionnaires des collectivités territoriales. Ce type de statistiques vous surprend-t-il ?
Jonathan Loyarte : Non. Le démantèlement à l’œuvre des services publics et les effets du Nouveau Management Public ont considérablement dégradé les conditions de travail, notamment des agents municipaux. Les causes principales de leur souffrance résident dans les conflits de valeurs et éthiques, le manque d’autonomie et de reconnaissance, la qualité et le management empêchés ainsi que dans le sentiment quasi généralisé qu’il n’est plus possible de faire « du bon travail ». Leurs managers n’échappent pas, non plus, au travail prescrit et en mode dégradé. C’est sans doute en raison de la dégradation de la santé des cadres que des syndicats et associations de dirigeants territoriaux commencent à mettre à leur agenda le sujet de la santé mentale. Le mal-être se généralise à tous les étages de la fonction publique territoriale.
Parmi les agents des communes, quels sont les métiers particulièrement exposés ?
J. L. : Les agentes territoriales spécialisées des écoles maternelles, les Atsem, sont exposées à ce que j’appelle une forte pénibilité psychosociale. Elles cumulent les risques. Leur travail s’est intensifié et leur matériel parfois archaïque de nettoyage les empêche de faire correctement leur travail. Leur pouvoir décisionnel est à peu près nul. Le système de double hiérarchie dans lequel elles évoluent peut-être source de malaise et de conflits.
La situation des policiers municipaux me paraît aussi précaire. La complexité, la gravité et la fréquence des violences à gérer ou dont ils sont la cible, les exposent davantage aux risques psychosociaux (RPS) que d’autres. Or leur accompagnement se limite parfois à la seule prise en charge du stress post-traumatique. D’autres facteurs aggravent leur mal-être, comme la culture managériale encore très verticale, directive voire autoritariste, ainsi que les tensions sur leur rôle qui sont liées aux zones grises entre ce qui relève de leurs prérogatives et de celles de la police nationale. Enfin, ces agents ont peu de possibilités d’évoluer dans leur carrière.
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