RAPPEL pour celles et ceux qui n’étaient pas là cet été : ce que contient le rapport sénatorial sur la souffrance au travail, enterré en juillet

Stress Travail et Santé

Revue Santé et Travail, juillet 2026 – Le 8 juillet, les sénateurs de la droite et du centre de la mission – majoritaires – refusent de valider le document et sa publication. D’un vote, ils enterrent 45 auditions et toutes les expertises sollicitées.

L’épuisement professionnel est une « réalité clinique indéniable », affirme le rapport de la mission d’information sénatoriale sur la souffrance psychique au travail. Il documente une « crise de santé publique », la responsabilité des employeurs qui ont failli à leur obligation en matière de santé mentale au travail et le manque d’ambition des politiques publiques.

C’était l’ultime audition menée par la mission d’information sénatoriale sur la souffrance psychique au travail qui s’est centrée, cinq mois durant, sur l’épuisement professionnel. « Nous espérons que notre rapport ne viendra pas s’ajouter à des piles existantes sur des étagères », conclut alors sa présidente Monique Lubin (SER, Landes). Des propos prémonitoires : le 8 juillet, les sénateurs de la droite et du centre de la mission – majoritaires – refusent de valider le document et sa publication. D’un vote, ils enterrent 45 auditions et toutes les expertises sollicitées. Et cela, en raison de recommandations jugées « très orientés » et de travaux laissant « peu de place aux employeurs » a expliqué la sénatrice Pascale Gruny (Les Républicains, Aisne). Pourtant, dès l’avant-propos, le document invite « à tenir compte des difficultés des petites entreprises », et à leur « apport(er) un appui spécifique », dans la lutte contre la dégradation de la santé mentale de leurs salariés…

Si les 208 pages du rapport dérangent, c’est parce qu’elles renseignent une « crise de santé publique »

Si les 208 pages du rapport dérangent, c’est parce qu’elles renseignent une « crise de santé publique », identifient clairement les changements organisationnels et les modes de management comme causes racines, et pointent les responsabilités dans les carences des politiques de prévention et de réparation. Celles des employeurs, comme de la puissance publique. « A chacun des stades où (son) intervention est nécessaire – prévention, prise en charge des victimes, suivi, aide au retour à l’emploi – les politiques (…) sont défaillantes, inadaptées ou inabouties ».

Une réalité clinique

« Chacun connaît désormais, dans son entourage, une personne qui a été victime d’une situation de travail ayant affecté sa santé mentale et l’ayant conduite à une situation ressentie d’épuisement professionnel, ou burn-out ». Le rapport, qui décrit sur les vingt dernières années « l’enracinement de cette souffrance, qui d’épisodique est devenue structurelle », n’hésite pas à qualifier de « crise de santé publique » l’ampleur prise par le phénomène. Il constate « un consensus croissant », démontré par les auditions, sur la matérialité clinique des états d’épuisement psychique sévères directement liés au travail, mais toujours l’absence de consensus sur « la détermination de la nature et des causes ».

Une situation jugée intenable, quinze ans après la mise au jour des facteurs de risques psycho-sociaux (RPS) par le rapport Gollac de 2011, alors que les troubles psychiques au travail sont devenus la première cause d’arrêts de travail de longue durée. Et que toutes les catégories d’actifs sont touchées, avec une surexposition des cadres, des managers et des femmes – nécessitant concernant celles-ci « une véritable prévention primaire spécifique ». En l’absence d’une définition médicale « pleinement stabilisée », le rapport appelle à élaborer « une définition harmonisée de l’épuisement professionnel » via une conférence réunissant scientifiques, sociologues, professionnels de santé, interlocuteurs sociaux, associations de victimes. Une première recommandation présentée comme le préalable à tout : « structurer les politiques de prévention, améliorer le repérage précoce, homogénéiser les pratiques médicales, faciliter les démarches de reconnaissance et le suivi des victimes ».

Lire l’intégralité de l’article en accès libre sur le site https://www.sante-et-travail.fr


L’annuaire des consultations Souffrance & Travail recense plus de 200 consultations réparties sur toute la France,

en Europe, dans les Dom Toms, et au Japon !

A lire dans le magazine

Réseaux Sociaux

Suivez-nous sur les réseaux sociaux pour des infos spéciales ou échanger avec les membres de la communauté.

Aidez-nous

Le site Souffrance et Travail est maintenu par l’association DCTH ainsi qu’une équipe bénévole. Vous pouvez nous aider à continuer notre travail.