[VIDEO] Les pathologies de surtravail

Addictions

Trois questions à Marc Loriol, sociologue et directeur de recherche au CNRS

  • Addiction au travail : s’agit-il d’une pathologie ?
  • Workaholisme et surtravail : pourquoi le second est nettement moins étudié ?
  • Surtravail : comment les organisations peuvent-elles aider à s’en libérer ?

Workaholisme et surtravail : pourquoi le second est-il nettement moins étudié ?

Marc Loriol établit une distinction entre workaholisme et surtravail. Le workaholisme est caractérisé par un travail excessif et compulsif, souvent en réponse à des failles narcissiques ou à une personnalité perfectionniste – comme déjà indiqué.

En revanche, bien que le surtravail englobe le workaholisme, il s’étend plus largement à toutes les situations où les individus travaillent bien au-delà des pratiques en cours dans leur entreprise ou dans leur milieu professionnel.

Un premier exemple avec les agriculteurs exploitants en France, qui travaillent en moyenne plus de 58 heures par semaine ! Cette situation n’est pas due à une personnalité compulsive, mais bien à la nature même de leur travail : les champs et les animaux ne peuvent attendre. Est-ce tout ?

En réalité, ils sont nombreux à être pris dans un cercle vicieux d’investissements et d’endettement pour maintenir la rentabilité de leur exploitation. D’ailleurs, le terme « addiction » provient du latin addictus, utilisé dans le droit romain pour désigner une personne réduite en esclavage pour dettes. Ce contexte historique offre une perspective différente de l’addiction, éloignée de la pathologie.

En parallèle, d’autres professionnels – artisans, commerçants, cadres supérieurs – travaillent énormément, souvent pour des raisons complexes mêlant choix personnels et contraintes professionnelles.

Reste une question cruciale : pourquoi le surtravail a-t-il été moins étudié que le workaholisme ?

Tout d’abord, les premiers chercheurs s’étant penchés sur le workaholisme étaient confrontés à des personnes en difficulté : ils ne connaissaient ni leur “historique” complet ni le type de relations sociales à l’œuvre dans leur environnement professionnel. Il était donc plus simple pour eux de relier leur comportement à des traits de personnalité “modifiables”.

Les dangers du surtravail sont aussi restés méconnus en raison de la complexité de ce phénomène, et de sa plus large diffusion. Les chercheurs se sont focalisés sur le workaholisme, plus facile à circonscrire. Pourtant, les dangers du surtravail sont tout aussi significatifs, voire davantage, que ceux liés au workaholisme…

Surtravail : comment les organisations peuvent-elles aider à s’en libérer ?

Dans le contexte professionnel actuel, le surtravail est un phénomène préoccupant.

Or, loin de chercher à le limiter, certaines organisations encouragent activement cette pratique ! Prenons l’exemple des livreurs à vélo : les algorithmes les incitent à maintenir une grande disponibilité temporelle afin de répondre efficacement à la demande. Ceux qui ne peuvent offrir cette disponibilité constante risquent de perdre des opportunités, se retrouvant ainsi contraints au surtravail.

Dans d’autres entreprises, la fixation d’objectifs quantitatifs trop ambitieux peut également pousser les employés vers le surtravail.

Lire l’intégralité de l’article sur le site https://formation.lefebvre-dalloz.fr


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