En quoi le travail de nuit est-il dangereux pour la santé ?

Stress Travail et Santé

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De plus en plus nombreux, les travailleurs de nuit font des horaires décalés qui les exposent à de nombreux risques sanitaires : du déficit de sommeil au risque accru de diabète et même de cancer…

Boulangers, éboueurs, imprimeurs, chauffeurs de taxi, médecins urgentistes, éleveurs, ouvriers à la chaîne, personnel d’aéroport, danseuses de cabaret… Ils sont nombreux, les travailleurs et les travailleuses de nuit, très nombreux. En Europe, 19 % de la population active est sur le pont au moins deux heures par mois entre 22 h et 5 h du matin. Et ils sont 3,6 millions en France, où le nombre de femmes travaillant la nuit a doublé en vingt ans (les restrictions pour elles ont été levées en 2001).

Or, ces salariés sont en danger. Car vivre la nuit augmente les risques de pathologies graves, dont le diabète et les cancers. C’est désormais clairement établi. Bien souvent sans le savoir, les personnes qui vivent la nuit, y compris les insomniaques, mettent leur corps à rude épreuve. Et pas seulement parce que la somnolence leur fait prendre des risques inconsidérés.

Bien au-delà de la fatigue

Le non-respect du rythme veille/sommeil imposé par l’alternance jour/nuit sur une période de 24 heures (ce que les chronobiologistes appellent le rythme circadien) entraîne des troubles digestifs, du stress, des syndromes dépressifs, une majoration de 40 % du risque de maladies cardiovasculaires et de 50 % du risque de diabète de type 2… et même des cancers.

Dès le milieu des années 1990, des enquêtes épidémiologiques réalisées aux États-Unis sur des hôtesses de l’air et des infirmières ont détecté un risque accru de cancer du sein. Depuis, d’autres études sont venues les confirmer, conduisant en 2007 le Circ (l’organisme de l’Organisation mondiale de la santé chargé des recherches sur le cancer) à classer le travail de nuit comme un « cancérigène probable », au même titre que l’exposition aux UV ou aux émanations issues du raffinage du pétrole.

Pourquoi juste « probable » ? Jusqu’ici, les études montrent une corrélation, mais ce n’est pas encore la preuve formelle d’un lien de cause à effet. Si les études scientifiques parviennent à préciser ce lien, il se peut que le classement du Circ évolue.

En France, le médecin Pascal Guénel, a essayé de mesurer l’ampleur de ce risque avec une étude sur 1 232 femmes touchées par le cancer du sein en Bretagne. Le résultat, publié en 2 012, est éloquent : le travail de nuit se traduisait par une augmentation de 35 % du risque de contracter la maladie, voire de 40 % au-delà de quatre ans et demi de travail de nuit.

Une dette de sommeil nocive

Comment expliquer ces effets néfastes ? Les scientifiques commencent à peine à lever le voile. Ils soupçonnent principalement l’horloge biologique d’être détraquée, mais aussi la présence d’une dette de sommeil chez les travailleurs de nuit.

En effet, ces personnes dorment à la fois de façon décalée et en moindre quantité. En moyenne, leur sommeil dure une heure de moins par 24 heures (l’équivalent d’une nuit en moins par semaine, et de 40 nuits par an) : c’est le double du déficit de sommeil dont souffrent déjà une majorité de Français, qui ne dorment en moyenne que 7 heures au lieu des 8 recommandées.

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