Rencontre internationale sur le travail – Appel à contributions: « Travailler: pour quoi faire ? »

Evènements

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Universidade federal da paraíba – Centro de ciências humanas, letras e artes – Departamento de psicologia

Dates : 25 à 27 août 2022. A Joao Pessoa, Brésil.

Produire, subsister, exister, révéler, résister, œuvrer, créer, répéter, avoir une place, vivre, être inséré, faire du profit, faire ensemble, se transformer, être reconnu, agir, se sentir utile, transmettre, gagner en liberté, …?

Dans des mondes du travail en profonde mutation, les manières de travailler changent. Et nombre de travaux de recherche portent sur les transformations des organisations du travail, des manières de travailler, des formes d’emploi… Mais ces investigations sur le comment travaille-t-on aujourd’hui ne sont pas dissociables de réflexions et d’analyses sur le pour quoi faire, sur les transformations des finalités du travail et du rapport au travail.

En particulier, en Amérique latine, nous vivons aujourd’hui une réalité de démocratie restreinte et la région constitue un laboratoire social dans lequel une nouvelle avancée néolibérale est mise à l’épreuve par des politiques d’ajustement économique, de détérioration de la coexistence démocratique, de violence institutionnelle et de précarisation des expériences professionnelles qui rendent difficile l’élaboration du sens.

Le travail n’est déterminé pas seulement ni par le type de technique utilisé, ni par le mode de propriété des moyens de production. Ce sont plutôt ses visées et leur conflictualité qui orientent les modalités du travail, du niveau le plus micro de l’activité à celui des politiques du travail.

Travailler, ce n’est pas seulement se demander, individuellement ou collectivement, comment faire. C’est aussi fondamentalement penser le « pour quoi faire » et regarder sa propre activité à travers ce qu’on cherche à faire.

Le comment faire a un caractère contingent et concret. Il est centré sur les moyens, les fonctions, les manières de faire. Quand la question du comment prend le pas sur celle du pour quoi, quand celle des moyens supplante les fins, toutes les dérives sont possibles. L’histoire nous a montré qu’on peut faire de l’extermination de millions d’êtres humains une activité productive efficiente. Et, aujourd’hui, on sait comment cette dernière peut ouvrir la voie à des effets destructeurs sur l’environnement, réversibles ou non, à une crise écologique sans précédent. La productivité du travail humain a considérablement augmenté dans l’histoire… mais pour quoi faire ?

Ici, on peut revenir à la dichotomie classique d’Aristote entre poiesis et praxis : la poiesis désigne les activités reliées aux utilités, aux purs moyens, et visant le bien vivre opposé au vivre bien. Ces activités s’apprécient en termes d’habiletés, de savoir-faire, d’expertise-métier et d’efficacité ou efficience.

La praxis au contraire, comprend toutes les activités dans lesquelles s’exprime notre capacité, proprement humaine, de poser des fins. Ce sont des activités qui supposent de faire des choix de buts, et d’en porter la responsabilité. La praxis est la sphère où s’expriment et se réalisent nos identités personnelles, celle où se trouve affirmé le sens que la vie a pour nous.

Mais le faire et l’agir, la poiesis et la praxis, ne sont pas des classes distinctes, voire opposées, d’activités humaines : elles sont des dimensions qui traversent chacune d’elles. Aussi, la question des fins, du sens du travail compte tout autant que celle de l’efficacité, de la performance. Comment penser ici les fins poursuivies dans le travail ?

Les enjeux de l’activité de travail dépassent toujours ceux de l’efficacité, de la performance ou rentabilité, telles que définies par les rationalités instrumentale ou économique. Les activités humaines sont à la fois production de soi et du monde, action, entendues comme pratiques sociales de construction et transformation d’un monde commun. Ces activités sont pleines de buts divers et contraires, de motifs contradictoires qui appellent à des arbitrages, des compromis au regard des finalités poursuivies. Aussi, les conflits de visées (intrapsychiques, interpersonnels, sociaux, politiques…) sont-ils au cœur du travail.

Cet événement scientifique international et pluridisciplinaire entend explorer et mettre en discussion les finalités du travail et donc ses dimensions existentielles, sociales, économiques, politiques, éthiques.

Et trois ans après le début de la pandémie du covid 19 qui a eu un impact majeur sur la vie de tous, amplifiant les inégalités sociales, majorant souffrances et incertitudes, nous pensons nécessaire de partager nos expériences dans nos différents pays et nos réflexions. La rude épreuve face à l’inconnu, alors que nous sommes plongé(e)s dans cette pandémie et ses répercussions concrètes sur le quotidien des personnes, sur la subjectivité, sur le travail et sur les diverses formes de production de la santé, nous conduit à regarder le monde et réagir de différentes façons. Il s’agit là d’une occasion précieuse de réfléchir ensemble sur les différentes conditions sociales, matérielles, environnementales et psychiques à partir desquelles nous traversons, chacun(e), dans le cadre d’une société mondialisée et profondement inégale, cette période d’angoisse, doute et de perplexité.

En effet, vivre cette situation pandémique nous confronte sans aucun doute à la dimension tragique de la vie et nous invite à réfléchir et à penser à des façons créatives et politiques de traiter leurs impacts subjectifs, psychosociaux, sur la santé, sur le travail et sur l’économie.

Ainsi, compte tenu du contexte de pandémie comme toile de fond ou comme référence principale, certaines questions peuvent guider nos discussions :

  • Les finalités du travail sont-elles les mêmes aujourd’hui et hier ?
  • Dans tous les pays, régions et contextes socio-économiques et culturels ?
  • Pour toutes les catégories et classes sociales ?
  • Pour les hommes et les femmes ?
  • Pour tous les âges ?

Ces questions, parmi d’autres, peuvent être analysées au prisme des transformations du travail (intensification – précarisation – individualisation, travail à distance, chômage), et des relations au travail et aux organisations, mais aussi au vu d’autres évolutions comme l’allongement de la durée de la vie, l’entrée massive des femmes sur le marché du travail, le développement des nouvelles technologies et de nouvelles formes d’emploi, la mondialisation…

Elles pourront faire l’objet de présentations sur la base de travaux de recherche et d’expériences de terrain.

Différentes disciplines seront sollicitées pour explorer cette problématique : la psychologie et la sociologie du travail, l’ergonomie, la philosophie, l’ergologie, la médecine du travail, le droit, l’histoire, l’art, la psychanalyse, l’anthropologie, les sciences de gestion, les sciences de l’éducation.

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