VIDEO. Coronavirus : une psychiatre préconise un "suivi systématique" des personnes infectées

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Marion Leboyer est la directrice des départements universitaires de psychiatrie des hôpitaux Henri Mondor et directrice de la Fondation FondaMental. La « peur », l' »isolement », les « traumatismes » liés à la pandémie pourront laisser des traces pendant plusieurs années, prévient-elle.

Les conséquences psychiatriques du Covid-19 sont devant nous pour plusieurs mois et plusieurs années », a alerté mardi 12 août sur France Inter Marion Leboyer, directrice des départements universitaires de la psychiatrie des hôpitaux Henri Mondor de Créteil. Elle a expliqué que les personnes, qu’elles aient été infectées ou non, ont pu être « exposées à l’anxiété, au stress et à la pandémie ». « Pour ceux qui ont été malades, ils ont eu très peur, ils ont été dans une situation d’isolement social et parfois quand ils ont été hospitalisés, ils ont été exposés à des situations très traumatisantes dont ils gardent le souvenir », a indiqué Marion Leboyer.

La psychiatre a détaillé les différents symptômes psychiatriques qui ont pu être observés durant cette période de crise sanitaire liée au coronavirus : « Pendant l’exposition aiguë, on a noté une augmentation de tableaux de confusion et d’épisodes délirants chez des gens qui n’avaient jamais été malades auparavant, ensuite, il semble que dans les suites immédiates de l’exposition à une infection par le Covid, il y ait des troubles anxieux avec des stress post-traumatiques qui arrivent et ensuite des tableaux dépressifs », a-t-elle précisé.

L’incessant travail de « déstigmatisation » de la dépression 

L’anxiété et le stress concerne un grand nombre de Français : « Les femmes ont été soumises à toute une série de situations stressantes, l’entrée dans la vie active pour les jeunes va être difficile, les personnes âgées sont soumises à toute une série de difficultés dans les Ehpad à cause du Covid et sont soumises à un plus grand risque de pathologies psychiatriques et les personnes en difficulté économique sont aussi à prendre avec beaucoup plus de rigueur », a-t-elle observé. Pour Marion Leboyer, « il faut assurer un suivi systématique des personnes qui ont été infectées par le Covid » afin de diagnostiquer et suivre les éventuelles pathologies psychiatriques.

Marion Leboyer a estimé qu’« une des difficultés, c’est que ces pathologies restent en France très stigmatisantes ». « Ce n’est pas facile d’accepter l’idée qu’on soit déprimé ou anxieux, ce n’est pas facile d’identifier la dépression », a-t-elle ajouté. Pour la directrice des départements universitaires de la psychiatrie des hôpitaux Henri Mondor de Créteil, « tout un travail d’information pour déstigmatiser pour expliquer que ce sont des maladies comme les autres et qu’il faut les soigner » est nécessaire.

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